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« Le cinéma français : de l’avant-garde au néo-baroque »

9 octobre 2026 — 23 octobre 2026
Saint-Pétersbourg
« Le cinéma français : de l’avant-garde au néo-baroque »
9 octobre 2026 — 23 octobre 2026
Saint-Pétersbourg

Cycle de conférences par Natalia Kazourova

Cycle de conférences préparé en collaboration avec Doctrina et Nobiles.

De quel héritage cinématographique les cinéastes français contemporains se revendiquent ? Les réalisateurs français et travaillant en France continuent d'être inspirés par l'esprit rebel de l'avant-garde des années 1910-1920, le réalisme poétique des années d'avant-guerre, mais aussi par l'ambiance pétillante, spectaculaire et décomplexée de la génération MTV.

Dans ce cycle de conférences, animé par Natalia Kazourova, nous analyserons les styles clés et les grandes étapes du développement du cinéma français en commençant par les expériences novatrices de Luis Buñuel, Man Ray et Fernand Léger, réalisateurs des années 1920-1930 profondément marqués par l'art du début du XXe siècle, puis nous explorerons l'esthétique du réalisme poétique de Jean Vigo, Jean Renoir et Marcel Carné ; enfin nous aborderons la couleur et le son dans les films des réalisateurs les plus emblématiques des années 1980-1990 comme Luc Besson, Jean-Jacques Beineix et Leos Carax.

 

Le vendredi 9 octobre à 18h30, Institut français (12 perspective Nevski)

 L'avant-garde cinématographique française des années 1920 : dada, surréalisme, cubisme
 
Dans les années 1920-1930, les cinéastes français cherchaient à libérer le cinéma de ses liens avec le théâtre et la littérature. Des artistes, devenus réalisateurs que l’on pourraient qualifiés de radicaux, Luis Buñuel, Man Ray et Fernand Léger se sont emparés de ce nouveau médium pour y expérimenter des formes visuelles et narratives inspirées de leur pratique artistique : rire dadaïste, fantasmes surréalistes, déconstruction visuelle et conceptuelle, etc. Tandis que le calme de la salle obscure se voyait brisé par la musique avant-gardiste d'Erik Satie ; le jeune et amibitieux René Clair destibilisait les spectateurs avec une parodie déjantée, pure manifeste du cinéma dadaiste et de l’avant-grade cinématophaphique Entr'acte (1924). Quant à Fernand Léger, aurait-il pu imaginer les multiples imitations que susciterait son excentrique Ballet mécanique ? De quoi était fait le pays des rêves du magicien de la photo Man Ray, où la réalité frôle l'hallucination et où les femmes regardent au loin avec des yeux dessinés sur les paupières ? Enfin, quel réalisateur a été consacré père du surréalisme au cinéma ? Natalia Kazourova evoquera les excentricités et expérimentations de ces artistes et réalisateurs du début du XXe siècle, mélant pratiques artistiques et cinématographiques de cette liberté sans limite de l’avant-garde du cinéma.
 

Le samedi 17 octobre à 15h00, Institut français (12 perspective Nevski)

Le réalisme poétique des années 1930 : la réalité comme style 

Le réalisme poétique au cinéma est né dans le contexte de la crise économique de 1929 et marqué par l'élan puis la désillusion du Front populaire. Ce mouvement met en scène des destins tragiques dans une atmosphère urbaine sublimée. Il caractérise principalement l'œuvre des réalisateurs Jean Vigo, Jean Renoir et Marcel Carné, qui se concentre sur la vie des gens ordinaires, leur quotidien et leurs destins tragiques. Les protagonistes — ouvriers, vagabonds, voleurs et marins — se distinguent par leur honnêteté et leur romantisme, mais leur existence est empreinte de nostalgie, de mélancolie et de fatalité. Ces destins tragiques sont traduits par une mise en image et mise en scène recréées en studio, transfigurées par une plasticité quasi magique de l’image.

Natalia Kazourova parlera de ce lyrisme français si particulier, avec sa sentimentalité et sa poésie visuelle sublime, ainsi que de l’incroyable carrière de Jean Gabin, l'acteur central du réalisme poétique et acteur myhtique du cinéma français.
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Le vendredi 23 octobre à 19h00, Doctrina et Nobiles (2 ruelle Shvedsky)

Le cinéma du look des années 1980-1990 : le retour au spectacle

Dans les années 1980 et la première moitié des années 1990, les films de Luc Besson, Jean-Jacques Beineix et Leos Carax ont durablement marqué le paysage du cinéma français. Ces réalisateurs n'avaient pas peur d'être à la fois audacieux et sincères. Leurs provocations résonnaient avec l'esprit de l'époque, et leurs films sont devenus par la suite pratiquement légendaires. Le néo-baroque a résolument dit « oui » au perfectionnisme visuel et à l'esthétisme, qui se sont prolongés dans les œuvres d'Eugène Green, Bertrand Bonello et Philippe Grandrieux. Natalia Kazourova analysera ce qui unissait à l'écran ces successeurs pourtant si différents du cinéma du look, et comment la notion de beau était perçue au tournant du siècle.
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Natalia Kazourova 

Docteur en histoire, chercheuse principale et directrice des études doctorales au Musée d'anthropologie et d'ethnographie, directrice de programmation du festival « Journées du cinéma ethnographique », commissaire du programme de cinéma du Festival des arts de l'Orient Daira, enseignante à l'École des hautes études en sciences économiques (HSE).

 

Situé au cœur de Saint-Pétersbourg, Doctrina et Nobiles est un centre culturel et éducatif indépendant qui se donne pour mission de rendre le savoir académique accessible à tous. Cet espace propose des cycles de conférences, des séminaires et des projections animés par des chercheurs et des experts de grands musées. Ses programmes se déploient dans les domaines de l'histoire de l'art mondial, du cinéma, de la littérature et de l'architecture. La structure défend une approche humaniste et un éclectisme culturel, valorisant l'élévation de l'esprit par la connaissance. Véritable carrefour intellectuel, c'est un lieu d'échange et de partage bienveillant pour tous les passionnés de culture générale.