Jeudi je lis ! Les Très Riches Heures du duc de Berry : l’anatomie d’un livre
Conférence de Mikhail Maïzuls
On bâtit des cathédrales sur des décennies, voire des siècles. Pour ces géants de pierre, rien d'étonnant. Pourtant, il existe aussi des manuscrits dont la création s'étend sur plusieurs générations. Commandées par le duc de Berry — fils, frère et oncle de rois de France — Les Très Riches Heures sont restées dans l'histoire comme l'un des manuscrits médiévaux les plus célèbres au monde.
Commencé entre 1411 et 1416 par les frères de Limbourg, le travail s'interrompt brutalement à leur mort et à celle du commanditaire. Il faudra attendre des décennies pour qu'un deuxième artiste reprenne le flambeau, et encore quarante ans pour qu'un troisième le parachève, aux quatre coins de l'Europe.
Ce manuscrit marque une véritable révolution visuelle au XVe siècle. On y découvre des éléments alors quasi inédits : des « portraits » fidèles de châteaux (le Louvre, Vincennes, Saumur), des scènes d'une précision inouïe sur la vie des paysans et des aristocrates, les premières ombres portées, des traces de pas dans la neige et même, semble-t-il, l'unique représentation d'un épouvantail ayant survécu du Moyen Âge.
À lui seul, ce manuscrit est une œuvre collective, une sorte de « cathédrale de parchemin ». Comment est-il construit et que nous révèle-t-il sur son époque ?
Mikhaïl Maizuls est un historien médiéviste, chercheur principal à l’Université d’État des sciences humaines de Russie (RGGU), et double lauréat du prix Prosvetitel pour ses ouvrages La Souffrance au Moyen Âge : paradoxes de l’iconographie chrétienne (en collaboration avec S. Zotov et D. Kharman) et L’Ennemi imaginaire : les infidèles dans l’iconographie médiévale.
En russe
Entre libre, sur inscription
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